Description
Il y a des maisons qu’on quitte pour se fuir soi-même, et d’autres qu’on retrouve pour enfin se rencontrer.
📝 Synopsis
Marlène Beaurivage a trente-deux ans, une carrière toute tracée à la tête des dons majeurs d’une prestigieuse fondation d’art parisienne — le poste même qu’occupait sa mère avant elle — et une rupture récente avec Vicky, une artiste dont le souvenir la hante encore. Le jour de son anniversaire, elle annonce à sa mère qu’elle démissionne pour s’installer à Jasmin, dans la maison de son enfance laissée à l’abandon depuis le départ de son père, et rejoindre Artous, une petite association qui propose des activités artistiques aux personnes autistes.
À Jasmin, elle découvre une équipe aussi chaleureuse qu’inattendue : Cléa, la secrétaire pétillante et sans filtre, Nicole la directrice, et surtout Elsie, chargée du développement des partenariats, dont l’intelligence et la douceur la bouleversent dès leur première collaboration. Le hic : Elsie est enceinte de plusieurs mois et vit en couple avec Julien, le futur père de son enfant.
Entre les confidences de Cléa qui lui révèle qu’Elsie a autrefois vécu sept ans avec une femme, les débuts hésitants dans son nouveau travail et les visites espacées de sa mère encore sceptique face à ce choix de vie, Marlène tente de comprendre ce qui, dans cette attirance grandissante et manifestement inopportune, relève du vrai désir ou de la simple habitude de tomber pour la mauvaise personne.
💕 Analyse de la Romance Lesbienne
La romance repose sur une héroïne ouvertement lesbienne, dont l’homosexualité n’est jamais questionnée ni dramatisée en soi — le vrai conflit est ailleurs, dans l’indisponibilité affective et existentielle de l’objet de son affection. Marlène se définit elle-même comme sapiosexuelle, attirée par l’intelligence et la présence d’esprit avant tout, ce qui colore toute la dynamique : son attirance pour Elsie naît des échanges de travail, des idées partagées, bien avant tout désir physique.
La alchimie entre les deux femmes se construit dans un rythme incertain, ponctué de gestes ambigus, de nuits improvisées et de non-dits que chacune interprète à sa façon. Le personnage de Cléa joue un rôle de catalyseur comique et bienveillant, verbalisant ce que Marlène n’ose pas nommer.
Le point de vigilance principal tient à la nature du triangle : Elsie est enceinte et en couple pendant l’essentiel de cette première partie, ce qui installe une tension éthique assumée par le texte plutôt qu’ignorée. Les lectrices sensibles aux dynamiques de « l’autre femme », même non recherchée activement par l’héroïne, devraient en tenir compte avant de se lancer.
🔥 Scènes Intimes
Les scènes intimes sont peu nombreuses (1 à 2 sur l’ensemble du texte) et s’inscrivent dans un registre suggestif à explicite, sans détails anatomiques crus mais avec une sensualité assez frontale dans les sensations décrites. L’écriture privilégie l’émotion et le trouble psychologique de l’héroïne davantage que la mécanique du désir, ce qui installe une tension plus cérébrale que physique.
👥 Personnages Principaux
Marlène Beaurivage porte le roman de sa voix intérieure, pleine d’autodérision et de lucidité sur ses propres contradictions : brillante et assurée au travail, maladroite et empruntée dès qu’il s’agit d’exprimer ses sentiments. Fille unique élevée par une mère de caractère après le départ précoce de son père, elle porte le poids d’un héritage professionnel qu’elle n’a jamais vraiment choisi, et cherche à Jasmin une reconnexion avec une enfance qu’elle a en partie oubliée.
Elsie, elle, apparaît d’abord comme une collègue solaire et compétente, passionnée par son travail auprès des personnes autistes depuis cinq ans. Enceinte et en couple avec Julien, elle porte en elle une histoire plus ancienne et plus complexe qu’il n’y paraît — une relation de sept ans avec une femme, des tensions familiales tues, et une réflexion en cours sur ce qu’elle attend vraiment de sa vie amoureuse et familiale.
💭 Notes Personnelles
Ce qui fonctionne : la voix de Marlène, pleine d’autodérision, rend crédible ce parcours de reconstruction loin des apparences parisiennes, et la relation mère-fille, à la fois rugueuse et tendre, apporte une vraie épaisseur émotionnelle au récit. Le personnage de Cléa, savoureux et jamais caricatural, allège efficacement des passages plus introspectifs.
Ce qui peut diviser : l’attirance de l’héroïne pour une collègue enceinte et en couple dès les premières semaines de son arrivée pourra sembler too much ou moralement inconfortable pour certaines lectrices, d’autant que le texte n’élude pas la question sans pour autant la résoudre dans ce premier tiers.
⚠️ Content Warnings
- Infidélité et rupture
- LGBTphobie et rejet familial
- Sexualité explicite
🎯 Recommandation
Parfait pour les lectrices qui aiment les slow burns tissés de non-dits, de sapiosexualité assumée et de renaissance personnelle loin des grandes villes. À éviter si le trope de l’attirance pour une personne enceinte et en couple vous met mal à l’aise, quel que soit le traitement qui en est fait.

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