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Aimer n'est pas Jouer

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Camille, infirmière au bord du vide, est sauvée par Aimée, sa voisine de 90 ans aussi intrusive que touchante. Entre confidences autour d’un piano et rencontres improbables, la vieille dame guide Camille vers l’acceptation de soi et la reconquête de son amour pour Maud, pianiste du Conservatoire. Romance lesbienne contemporaine avec slow burn et personnages atypiques. Roman lesbien de 276 pages par Fanny Mertz (Reines de Cœur, 2017).

Ambiance

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Année

Auteur

Format

Spice Level

🌶️🌶️ Suggestif

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Description

📖 Synopsis

« Aimer n’est pas Jouer » est un roman lesbien écrit par Fanny Mertz. Camille, jeune infirmière, se tient au bord du vide, prête à sauter de son balcon. Sauvée in extremis par Aimée, sa voisine du dessus – une vieille dame aussi étrange qu’intrusive qui possède un double de ses clés -, elle découvre qu’elles partagent bien plus qu’un immeuble parisien.

Toutes deux pianistes contrariées, toutes deux hantées par un amour impossible : Camille, qui a fui ses sentiments pour Maud, sa meilleure amie du Conservatoire, et Aimée, qui a aimé passionnément Dieter, un officier allemand pendant l’Occupation. Entre confidences autour d’un piano, thés partagés et rencontres improbables, Aimée guide Camille sur le chemin tortueux de l’acceptation de soi.

Un roman choral et lumineux où la musique de Chopin accompagne une quête universelle : celle du droit de s’aimer librement, malgré le poids des conventions et le regard des autres.


💕 Analyse de la romance lesbienne

Qualité de la représentation

« Aimer n’est pas Jouer » se distingue par une approche atypique de la romance lesbienne : il ne s’agit pas d’une histoire d’amour qui se construit en temps réel, mais d’un récit sur l’acceptation de son homosexualité et la reconquête d’un amour perdu. La représentation lesbienne est remarquablement authentique et nuancée, loin des clichés habituels. Camille n’est ni une héroïne à la sexualité trouble ni une femme en quête d’expérimentation : elle aime Maud, point. Sa souffrance vient du déni de soi, de l’auto-censure et de la honte intériorisée qui l’ont poussée à fuir la femme qu’elle aimait.

L’autrice évite les clichés problématiques en montrant une jeune femme dont le seul obstacle est sa propre incapacité à accepter qui elle est. Aimée sert de miroir parfait : elle aussi a aimé contre les conventions (un Allemand pendant la guerre), elle aussi a choisi la fuite et le renoncement.

Développement de la relation

Le développement de la relation entre Camille et Maud suit un rythme particulier puisqu’il se dévoile principalement en flashbacks et confidences.

L’autrice excelle dans la description de cette tension amoureuse qui se construit lentement, entre deux jeunes femmes qui partagent tout – la musique, les secrets, les rêves – sans oser franchir le pas. Quand elles le franchissent enfin, c’est avec une intensité rare, mais Camille sabote immédiatement ce bonheur.

Ce qui rend cette romance si crédible, c’est précisément l’exploration psychologique du rejet de soi. Cette mise en abyme permet au roman d’éviter le piège du coming-out facile : l’acceptation est un processus douloureux, semé d’embûches, où le regard des autres (famille, société) pèse lourd.

Chimie entre les personnages

La chimie entre Camille et Maud reste palpable malgré les épreuves et la distance temporelle. L’autrice évite le sensationnalisme : pas de coming-out dramatique devant une famille hostile, pas de discrimination explicite. La violence est intérieure, subtile, d’autant plus pernicieuse.

Points forts

  • L’exploration de l’homophobie intériorisée : Subtile et juste, sans scènes de discrimination frontale, mais une exploration fine de la violence que Camille s’inflige à elle-même
  • La structure en miroir : L’histoire d’Aimée et Dieter résonne parfaitement avec celle de Camille et Maud, montrant que l’amour interdit transcende les époques
  • La lenteur du rapprochement : Le slow burn prend ici une dimension particulière – ce n’est plus l’hésitation de la découverte, mais la difficulté de se retrouver après un traumatisme auto-infligé

Points à noter

  • Ce n’est pas une romance classique : Maud n’apparaît véritablement que dans le dernier tiers du roman. Les lectrices cherchant une love story développée en temps réel pourraient être déçues
  • Le focus sur l’acceptation de soi : C’est avant tout un roman sur le cheminement personnel de Camille, guidée par Aimée
  • Pas de discrimination externe forte : Le conflit vient de l’intérieur, ce qui le rend plus subtil mais tout aussi puissant

🔥 Analyse des scènes intimes

Quantité et explicité

Quantité : Peu – Il n’y a qu’une seule scène intime explicitement décrite dans tout le roman.

Explicité : Suggestif (🌶️🌶️) – La scène est évocatrice sans être graphique. L’autrice privilégie l’émotion et la sensualité à la description anatomique détaillée. On comprend ce qui se passe, l’intensité du moment, mais le texte reste pudique et poétique.

Qualité du traitement

Il y a une vraie authenticité dans la manière dont les deux femmes s’explorent, se découvrent, où la nervosité se mêle au désir. La scène est d’autant plus poignante qu’on sait que Camille fuira juste après, gâchant ce bonheur par peur de son propre amour.

Représentation lesbienne authentique

En parallèle, les scènes entre Aimée et Dieter (également en flashback) sont traitées avec la même délicatesse. L’autrice montre brillamment qu’il n’y a pas de hiérarchie dans l’intensité amoureuse – l’amour lesbien de Camille et l’amour hétérosexuel transgressif d’Aimée ont la même légitimité, la même beauté, la même capacité à transcender.


👥 Personnages principaux

Camille

Description : Jeune trentenaire aux cheveux châtains, infirmière après avoir abandonné le piano. Physiquement fluette, le visage fin et les yeux clairs, mais marquée par une tristesse profonde qui étouffe son charme. Camille est une femme brisée au début du roman, au point de vouloir mettre fin à ses jours.

Ce qui la rend attachante : Sa fragilité authentique, sa sensibilité musicale extraordinaire, et sa capacité à se remettre en question. Le fait qu’elle soit au bord du précipice (littéralement) au début et qu’on la voit se reconstruire pierre par pierre est profondément émouvant.

Aimée Valenton

Description : Vieille dame de 90 ans, vive d’esprit malgré son âge, intrusive mais profondément bienveillante. Ancienne pianiste virtuose, elle a renoncé à sa carrière pour un amour interdit avec Dieter, officier allemand rencontré pendant l’Occupation. Physiquement diminuée (diabète, difficultés à marcher), mais dotée d’une personnalité lumineuse, impertinente, sans filtre.

Ce qui la rend attachante : Elle refuse le politiquement correct et la bien-pensance : elle dit les choses crûment, avec humour, parfois avec une rudesse qui cache une immense tendresse. C’est le cœur battant du roman, celle qui insuffle l’espoir et enseigne que « la vie ne demande qu’à être bue ».

Maud

Description : Ancienne meilleure amie de Camille au Conservatoire, pianiste talentueuse aux boucles brunes. Patiente, sensible, amoureuse de Camille depuis des années mais refusant de la brusquer.

Ce qui la rend attachante : Sa douceur, sa capacité à pardonner, sa foi inébranlable dans leur amour malgré toutes les fuites de Camille.


💭 Analyse personnelle

Ce qui frappe le plus

La richesse de l’écriture : Fanny Mertz manie la langue française avec élégance, parsemant son texte de références littéraires et musicales sans jamais tomber dans le pédantisme. La musique classique (Chopin en particulier) n’est pas qu’un décor : c’est un personnage à part entière, le fil conducteur émotionnel. Chaque nocturne résonne avec les états d’âme des personnages.

Les personnages secondaires savoureux : Le roman est peuplé d’une galerie de personnages atypiques absolument délicieux. Georges avec ses histoires impossibles, les cultivateurs de champignons dans les catacombes, Val l’amazone psychologue, Simon le clown trop gentil… Chacun apporte sa note à cette symphonie baroque. Certaines lectrices trouvent cela fouillis, moi j’y vois une célébration de la diversité humaine, une ode aux marginaux qui refusent de rentrer dans les cases.

La structure narrative brillante : Le roman alterne habilement passé et présent, dévoilant par touches successives l’histoire de Camille et Maud, celle d’Aimée et Dieter. Cette construction en miroir est brillante : elle montre que l’amour interdit transcende les époques et les orientations sexuelles. Aimer un Allemand en 1944 ou aimer une femme en 2017, c’est la même violence sociale, le même courage nécessaire.

Citations marquantes

  • « La jouissance, ce n’est pas la performance, la durée ou la gymnastique qu’imposent des positions exotiques. C’est une question de présence et d’émotion. »
  • « La mort est un Valium irrévocable, délivré sans ordonnance. »
  • « Vous savez, j’ai aimé Dieter d’une passion aussi échevelée que nos nuits le furent et, à cette époque, c’était bien plus honteux que d’être lesbienne ! »

Petit bémol

Le rythme peut sembler lent dans le premier tiers. L’autrice prend son temps pour installer l’atmosphère, les personnages. Les lectrices pressées d’arriver à la romance pourraient s’impatienter. Mais cette lenteur est nécessaire pour que la transformation de Camille soit crédible.

Pourquoi c’est un coup de cœur

C’est un roman qui transcende le genre de la romance lesbienne pour devenir une véritable œuvre littéraire. Fanny Mertz ne se contente pas de raconter une histoire d’amour : elle explore l’acceptation de soi, le poids des conventions sociales, le pouvoir de l’amitié intergénérationnelle, et la capacité de l’art (ici la musique) à guérir les âmes blessées.

C’est un livre qu’on referme avec un sentiment de plénitude, le cœur réchauffé, l’esprit nourri. Un livre qui redonne foi en l’humanité et en l’amour.

📊 Informations complémentaires

Nombre de pages : 276 – 299 pages

Nombre de mots : Environ 66 000 mots

Maison d’édition : Reines de Cœur

Date de publication : 18 juillet 2017

Série : Roman standalone (pas de suite)

Collection : Littérature par Reines de Coeur

Note Babelio : 3,55/5 (sur 10 notes)

Note Reines de Cœur : 5/5 (basé sur 3 avis clients)


🎯 Recommandations

Parfait pour

✅ Les lectrices cherchant une littérature lesbienne qui transcende la simple romance

✅ Celles qui aiment les romans choraux avec des personnages hauts en couleur

✅ Les amatrices de musique classique (Chopin en particulier) et d’écriture soignée

✅ Celles qui apprécient les histoires intergénérationnelles et les réflexions sur l’acceptation de soi

✅ Les lectrices patientes prêtes à se laisser porter par une narration qui prend son temps

✅ Celles qui aiment les structures narratives en miroir et les flashbacks bien intégrés

✅ Les lectrices cherchant une exploration subtile de l’homophobie intériorisée

À éviter si

❌ Vous cherchez une romance lesbienne centrée sur le développement de la relation en temps réel

❌ Vous préférez les récits linéaires et directs

❌ Vous attendez des scènes intimes détaillées et fréquentes


⚠️ Content warnings

  • Tentative de suicide
  • Dépression et pensées suicidaires
  • Deuil

Informations complémentaires

Ambiance

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🌶️🌶️ Suggestif

Avis

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