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Aimer n'est pas jouer

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Camille, jeune infirmière et ancienne pianiste au destin contrarié, est sauvée d’elle-même par Aimée, sa vieille voisine du dessous. Entre les deux femmes que tout oppose s’installe une confidence rare : toutes deux ont aimé la mauvaise personne et porté cette honte en silence. Pendant qu’Aimée lui confie son amour pour un officier allemand pendant l’Occupation, Camille avoue pour la première fois son amour pour Maud, son amie du conservatoire. Roman lesbien contemporain avec une touche historique, sur fond de Chopin, de champignonnières clandestines et de personnages atypiques. Roman de 63 097 mots par Fanny Mertz (Reines de Cœur, 2017).

Ambiance

,

Année

Format

Spice Level

🌶️🌶️🌶️ Explicite

Note

⭐⭐⭐⭐ 4/5

Auteur

Description

Un piano qui se tait, une vieille dame qui monte — et deux femmes qui apprennent, chacune à sa façon, que l’amour tu n’est pas un amour effacé.

📝 Synopsis

Camille a tout mis en veille depuis cinq ans : le piano, l’amour, et presque sa propre vie. Ancienne élève prometteuse du Conservatoire de Paris reconvertie en infirmière par nécessité — et par fuite — elle traverse ses journées à l’hôpital comme on attend que ça passe. Un après-midi de canicule parisienne, c’est la musique qui s’arrête la première. Et c’est depuis l’appartement du dessous qu’une alarme s’allume : Aimée, vieille dame acariâtre et propriétaire secrète de l’appartement, monte avec sa canne et son double de clé pour empêcher l’irréparable.
Aimée n’est pas n’importe quelle voisine. Ancienne concertiste, elle possède ce Pleyel de concert que Camille joue chaque soir sans savoir qu’il cache une inscription en allemand. Entre thé, cognac et échanges donnant-donnant, les deux femmes se livrent : Camille a aimé Maud, sa colocataire de conservatoire, une seule nuit qui a tout détruit. Aimée a aimé Dieter, officier allemand pendant l’Occupation, une passion qui lui a coûté sa réputation et ses doigts. Leurs histoires partagent un même point aveugle que la vieille dame mettra des semaines à nommer devant Camille.
Autour d’elles gravite une galerie de personnages hors normes — Simon le clown bienveillant, Georges son grand-père mythomane au passé de légionnaire, Val l’amazone des sous-sols qui cultive des champignons dans les carrières clandestines sous les Buttes-Chaumont. Dans ce Paris estival improbable, quelque chose se dessine pour Camille : peut-être que les braises ne s’éteignent jamais tout à fait.

💕 Analyse de la Romance Lesbienne

La représentation lesbienne dans ce roman est authentique et nuancée, centrée sur la honte intériorisée plutôt que sur la romance elle-même. L’homosexualité de Camille n’est pas un trait de personnage mais le territoire d’une blessure : cinq ans de déni, de silence familial, d’identité sacrifiée. Le roman traite cette réalité avec intelligence, sans jamais la réduire à un simple coming-out. La comparaison structurelle avec l’histoire d’Aimée — une femme hétérosexuelle qui a, elle aussi, dû cacher un amour honteux — pose une réflexion universelle sur la conformité sociale qui dépasse la seule question de l’orientation sexuelle.
La dynamique entre Camille et Maud est celle d’un amour ancien, suspendu, que le roman reconstitue par fragments. On ne voit jamais Maud directement : elle existe dans les souvenirs de Camille, dans les mots qu’elle a écrits, dans la lettre cachée dans le piano. Cette construction en creux donne à la romance une dimension mélancolique et très littéraire. La chimie entre les deux femmes est évoquée avec délicatesse dans les réminiscences de Camille — leurs années de vie commune au conservatoire, la complicité du piano, la jalousie inavouée.
Il convient de souligner que ce roman est davantage un récit d’acceptation de soi qu’une romance au sens strict. Les lectrices qui cherchent une love story lesbienne active, des retrouvailles romantiques progressives ou une tension entre deux personnages présents à l’écran simultanément pourraient être déçues. La relation F/F est à la fois centrale thématiquement et quasiment absente structurellement. C’est un choix narratif assumé, cohérent avec le propos du roman, mais qui mérite d’être signalé.
Aucun red flag de représentation à signaler : pas de male gaze, pas de « bury your gays », pas de stéréotypes. Le regard de l’autrice sur l’homosexualité féminine est bienveillant, grave et juste.

🔥 Scènes Intimes

Le roman contient deux scènes intimes narrées explicitement, toutes deux racontées sous forme de récit rétrospectif lors d’échanges de confidences entre Camille et Aimée. Elles sont peu nombreuses mais traitées avec une véritable densité littéraire : le registre est sensuel, évocateur, ancré dans l’émotion autant que dans la sensation, sans voyeurisme. La scène lesbienne entre Camille et Maud est la plus développée des deux, décrite par Camille elle-même avec pudeur et précision. Le niveau de détail est réel — il dépasse le suggestif — mais le style reste littéraire, jamais pornographique. Pour les lectrices sensibles au contenu explicite, ce roman se situe clairement dans la catégorie explicite par sa franchise, tout en maintenant un registre de grande tenue.

👥 Personnages Principaux

Camille est une jeune femme aux cheveux châtains, au visage fin et aux yeux clairs, que l’autrice décrit comme quelqu’un qui « serait jolie si une tristesse étrange n’asphyxiait pas son charme ». Ancienne élève de haut niveau des conservatoires de Rouen et de Paris, elle a tout abandonné — la musique, l’amour, l’avenir — par une combinaison de douleur et de honte. Infirmière par défaut, elle soigne les autres pour ne pas se regarder. Ce qui la définit le plus n’est pas sa timidité mais son obstination à esquiver : les questions, les sentiments, les aveux. Son arc dans la première moitié du roman est celui d’une femme qui apprend, à contrecœur, à formuler ce qu’elle a tu.
Aimée est le cœur battant de ce roman. Petite vieille dame à la canne et aux répliques cinglantes, propriétaire discrète, ancienne concertiste dont la main droite ne s’ouvre plus depuis des décennies, elle reçoit chaque jour les sons qui montent du piano de l’étage du dessus comme autant de confessions involontaires. Son intelligence est mordante, sa tendresse déguisée en ironie. Elle incarne ce que Camille pourrait devenir si elle choisit de continuer à se taire — ce miroir dérangeant est au cœur de leur relation. Dans la première moitié du récit, son propre passé se révèle par couches successives, construisant un personnage d’une profondeur rare pour un roman de ce format.

💭 Notes Personnelles

Ce roman est une surprise stylistique remarquable dans le paysage de la romance lesbienne francophone. Fanny Mertz écrit avec une précision poétique inhabituelle pour le genre — les métaphores musicales ne sont pas décoratives mais structurelles, et les personnages secondaires atteignent une existence presque autonome. La relation intergénérationnelle entre Camille et Aimée est le vrai coup de cœur du livre : touchante, drôle, profonde.
Le roman pourrait diviser sur un point : il est plus roman d’apprentissage que romance, et les lectrices qui attendent une love story dynamique et présente resteront sur leur faim. Le rythme est parfois lent et certains passages secondaires peuvent sembler digressifs.

⚠️ Content Warnings

  • Tentative de suicide (scène d’ouverture)
  • Honte intériorisée liée à l’homosexualité
  • Deuil et perte
  • Amour sous l’Occupation (stigmatisation sociale)
  • Addiction et overdose (passé d’un personnage secondaire)

🎯 Recommandation

Parfait pour : les lectrices qui apprécient les romances lesbiennes à portée littéraire, les récits d’acceptation de soi, la littérature française contemporaine avec des personnages attachants et originaux, et les amatrices de musique classique.
À éviter si : vous cherchez une romance F/F active avec une tension progressive entre deux personnages présents simultanément, ou si les tentatives de suicide en scène d’ouverture constituent un déclencheur.

Informations complémentaires

Ambiance

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Année

Format

Spice Level

🌶️🌶️🌶️ Explicite

Note

⭐⭐⭐⭐ 4/5

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